Ostéologie

La section d’ostéologie normale et pathologique

L’étude des os (l’ostéologie) est riche en enseignements, et ce à plusieurs niveaux. Elle sera prétexte pour nous à évoquer les grandes maladies osseuses du XIXe siècle, qui ont fourni nombre de nos pièces, ainsi que les complications obstétricales qu’on appelle dystocies osseuses.

Les os, témoins des maladies passées

Mal de Pott (Tuberculose de la colonne vertébrale)
Mal de Pott
(Tuberculose de la colonne vertébrale)

La colonne vertébrale tordue, située du côté de la fenêtre et étiquetée « mal de Pott », les bassins viciés marqués « coxalgies », et la phtisie pulmonaire n’ont été groupés sous le terme « tuberculose » qu’en 1832, par Schönlein ; Laënnec et Louis avaient déjà eu l’intuition de cette unité auparavant. La nature infectieuse (transmissible) de cette maladie n’a été démontrée qu’en 1865 (Villemin), par des expériences de contagiosité sur des animaux.

Cette maladie, responsable au XIXe du quart de la mortalité générale, a été favorisée par l’évolution de l’organisation sociale : la migration massive des ruraux vers les villes, du fait de l’industrialisation, impliquait la promiscuité des travailleurs dans des logements insalubres.

Les maladies carentielles sont également fréquentes au XIXe siècle. Le rachitisme est la conséquence du manque de vitamine D chez l’enfant (tandis que l’ostéomalacie se retrouve chez l’adulte, comme nous le verrons dans le paragraphe sur les dystocies). Le rachitisme entraîne un certain arrêt du développement, et un ramollissement des os. Les squelettes rachitiques se trouvent encore aujourd’hui, dans les pays défavorisés.

Dystocies osseuses et obstétrique

Le terme de dystocie qualifie les difficultés de l’accouchement liées au corps de la mère. La notion de dystocie due aux os de la mère (le bassin, constitué des deux os coxaux soudés, du sacrum et du coccyx), date du XVIIe siècle, quand Arentius, disciple de Vésale, établit la corrélation entre accouchement difficile et forme du bassin. Longtemps cela a été un problème majeur pour la survie des mères comme des enfants. N’oublions pas que, si la césarienne existe depuis 2000 ans, les femmes n’en réchappent que depuis moins de 100 ans !

    • Le pronostic pour la mère était mauvais car on ne connaissait pas, dans la première partie du siècle, les notions d’asepsie (absence de germes, 1847) et d’antisepsie (destruction des germes, 1867), dont nous reparlerons plus tard. Des heures d’un travail traumatique et hémorragique, avec éventuellement des gestes comme la symphysectomie (coupure de la symphyse pubienne, en avant), condamnait les femmes, dans les grandes villes, et dans 20 à 50% des cas, à la fièvre puerpérale, avec septicémie et décès. Les médecins accouchaient comme ils opéraient, c’est à dire en rédingote.
    • Le pronostic pour l’enfant, dans les cas de déformation rachitique du bassin, était encore plus réservé, la longueur du travail compromettant sa vitalité (hémorragies méningées, etc.).

Nous donnerons deux types d’exemples pour les déformations du bassin :

Les bassins viciés par une trop grande malléabilité

Rachitisme : carence de vitamine D chez l’enfant, donc pendant la croissance.
Ostéomalacie : responsable des « bassins en caoutchouc ». Elle apparaissait surtout chez la femme carencée, multipare, et s’aggravait de couche en couche, elle était pour cela qualifiée de puerpérale. Fehling a proposé en 1887 la castration comme remède.

Squelette de rachitique
Squelette de rachitique

Les bassins viciés par des anomalies de développement

Nous prendrons comme exemple le bassin oblique ovalaire de Nægele. C’est une malformation asymétrique extrêmement rare, due à une agénésie (absence) d’aileron sacré, avec synostose sacro-iliaque du même côté (c’est à dire soudure du sacrum et du coccyx du même côté). Les patientes atteintes laissaient bien souvent « leur bassin aux musées » (Tchérépakhine). Notons également les rarissimes bassin de Robert et bassin de Robert æqualiter justo minor.

Ostéomalacie
Ostéomalacie

 

Bassin oblique ovalaire de Nægele
Bassin oblique ovalaire de Nægele

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Malformations crâniennes

Depuis la plus haute antiquité, l’on retrouve des déformations du crâne de deux types : provoquées pendant la petite enfance, quand le crâne est encore malléable, ou naturelles.

Consultez la collection des déformations crâniennes naturelles et artificielles