Égyptologie et technique de conservation

Le contexte historique

La civilisation égyptienne a duré environ 3000 ans, de 3100 à 332 av. J.- C., depuis l’apparition des hiéroglyphes et d’une monarchie centralisée jusqu’à la conquête de l’Égypte par Alexandre le Grand.

Sa médecine nous est connue par des écrits comme le papyrus de Kahoun (2000 av. J.- C.), traitant de la gynécologie et de l’art vétérinaire, et le papyrus Ebers (vers 1500 av. J.- C.), qui contient des descriptions de maladies et de leurs remèdes, ainsi que le premier traité connu de cardiologie. Les momies, par l’étude des traces de maladies (tuberculose, bilharziose), et l’art, complètent notre connaissance des pratiques médicales égyptiennes.

 

Date Période
5500 – 3300 av. J.- C. Néolithique
3300 – 2647 av. J.- C. Époque archaïque
2647 – 2140 av. J.- C. Ancien Empire
2140 – 2040 av. J.- C. Première Période intermédiaire
2040 – 1785 av. J.- C. Moyen Empire
1785 – 1540 av. J.- C. Deuxième époque intermédiaire
1540 – 1069 av. J.- C. Nouvel Empire
1069 – 333 av. J.- C. Basse Époque
332 – 30 av. J.- C. Période grecque
Madame Lortet, lors d'un séjour en Égypte
Madame Lortet, lors d’un séjour en Égypte

Les momies égyptiennes

Il y a trois types de momies égyptiennes au Musée d’anatomie.

Les momies du nouvel empire : (vers 1000 avant Jésus Christ) : Elles proviennent de fouilles dirigées par Louis-Louis-Charles-Émile Lortet premier doyen de la Faculté de médecine et de pharmacie de Lyon et conservateur du Muséum d’histoire naturelle de Lyon.
Momie d'un homme riche (Nouvel Empire, il y a environ 3000 ans)
Momie d’un homme riche
(Nouvel Empire,
il y a environ 3000 ans)

Les momies coptes : Ces momies datent de l’époque chrétienne de l’Égypte (du IIe au Ve siècle après J.- C.).. D’abord confiées au muée de la faculté des lettres sous les N° d’inventaire 1343 – 1344 – 1448 (campagne de fouilles de 1902), elles ont rejoint nos collections à la fermeture de ce dernier. En 2012, la momie de femme, celles de son enfant et une seconde momie féminine ont fait l’objet d’une étude complète menée par le musée du Louvre dans le cadre du récollement général de momies coptes provenant des fouilles d’Albert Gayet réalisées entre 1895 et 1911 à Antinoé.

Étude des momie coptes du musée - 2012
Étude des momie coptes du musée – 2012
Examen de surface des momies coptes de la mère et de l'enfant - Inv. N° 1343 - 1344
Examen de surface des momies coptes de la mère et de l’enfant – Inv. N° 1343 – 1344
Scanner de la momie copte d'Antinoé - Inv. N°1348
Scanner de la momie copte d’Antinoé – Inv. N°1348

Les momies d’animaux :Elles datent également du nouvel empire, ce sont elles qui ont servi de bases aux recherches de Louis Lortet sur la momification animale. Le musée présente des momies de petits rapaces, de jeunes crocodiles de poissons du type lates niloticus (perche du Nil) ainsi que des petits sarcophages en bronze de lézard et de musaraigne.

Crocodiles (Crocodilus Niloticus)
Crocodiles (Crocodilus Niloticus)

Autres techniques de conservation des corps

Une vitrine évoque les techniques de conservation pratiquées dans différentes cultures en particulier les réduction de tête, ou tsantsa. L’aire de répartition de cette forme de conservation s’étend du territoire allant de la région sud du Pérou (Nazca, Ica, Paracas) jusqu’à la partie orientale de l’équateur (indiens Jivaros). Ce rite est encore pratiqué occasionnellement chez les Munduruau et les Jivaros.

Tête réduite selon la technique des indiens Jivaro
Tête réduite selon la technique des indiens Jivaro

La momie de Dubois et Lacassagne a été réalisée en 1892, par injection d’éther nitrique et d’alcool amylique. C’est une momification totale (les organes ont été laissés). Cette pièce est la dernière d’une collection qui contenait des adultes et des enfants.

À voir également…

L’eunuque du Caire, que Louis Lortet a disséqué au cours de l’un de ses voyages d’étude en Égypte et a présenté devant la Société de Médecine en 1897.