Vacher l’éventreur de bergers

Au printemps 1897, le sud-est de la France a peur. Comme Londres dix ans plus tôt, quand Jacques l’éventreur sévissait dans le quartier de Whitechapel.

Masque mortuaire de Vacher (moulage en plâtre de la tête du supplicié)
Masque mortuaire de Vacher (moulage en plâtre de la tête du supplicié)

Une longue suite de crimes découverts depuis quatre ans laisse une trace sanglante qui part de Beaurepaire, rejoint l’Ain aux environs de Belley, passe par la Savoie pour gagner le Rhône à Tassin-la-Demi-Lune, puis la Drôme et l’Ardèche. Chaque fois ou presque, les victimes sont des adolescents des deux sexes, bergers le plus souvent, retrouvés égorgés, éventrés, violés. On parle d’un vagabond barbu, au regard de braise, vêtu d’un curieux bonnet de fourrure, mais il échappe à toutes les battues, poursuivant inlassablement son tour de France du crime sexuel.
Sa route va s’arrêter un jour de 1897, à l’orée d’un bois proche du petit village de Champis dans l’Ardèche. Sa future victime pousse des cris si perçants que son mari qui se trouve non loin intervient et terrasse l’agresseur : Joseph Vacher.
D’abord interné à la prison Saint-Paul de Lyon puis à celle de Bourg-en-Bresse, il finit par avouer onze crimes, donnant d’épouvantables détails.

L'affaire Vacher fait la une des journaux illustrés
L’affaire Vacher fait la une des journaux illustrés

 

Pour satisfaire une opinion publique longtemps tenue en haleine, la presse illustrée dans sa totalité consacre au tueur psychopathe plusieurs numéros. La France entière se passionne pour le procès qui se tient à Bourg, à l’automne 1898, devant une salle archi-comble que fascinent les imprécations de celui qui se proclame « l’anarchiste de Dieu » mais en qui le professeur Lacassagne, célèbre criminologiste lyonnais qui intervient lors des débats, refuse de voir un fou.
Le 31 décembre, Vacher monte sur la guillotine installée sur le champs-de mars de Bourg.
L’affaire inspirera au cinéaste Bertrand Tavernier son film Le juge et l’assassin, interprété par Philippe Noiret et Michel Galabru.
Texte Bibliothèque municipale de Lyon