MUSÉE DES SCIENCES MÉDICALES ET DE LA SANTÉ

MUSÉE DES SCIENCES MÉDICALES ET DE LA SANTÉ

(Médecine – Pharmacie – Odontologie – Médecine vétérinaire)

819, route du Mas Rillier – 69140 Rillieux la Pape

Le projet de Musée des Sciences Médicales réunit les responsables de plusieurs collections médicales lyonnaises (médecine, pharmacie, anthropologie judiciaire, odontologie, biologie médicale, médecine vétérinaire…). Certaines d’entre elles ont été contraintes de libérer les locaux qu’elles occupaient fin 2015. La réinstallation à Rillieux-la-Pape de ces collections qui représentent la mémoire historique de la médecine et de la pharmacie lyonnaise est la préfiguration de la création d’un grand musée dédié aux sciences médicales et à la santé. Une fédération regroupant tous ceux qui souhaitent s’associer à cette démarche sera prochainement créée.

Les collections concernées regroupent plusieurs dizaines de milliers d’objets, spécimens, appareils, livres anciens, archives diverses …. et constituent l’un des plus riches patrimoines mondiaux relatif aux sciences médicales et à leur histoire. Il est donc capital pour notre région, de sauvegarder ces richesses culturelles inestimables et de leur offrir une nouvelle vie au travers d’un projet dont les lignes principales ont été définies dans les rapports rédigés par Bruno Jacomy (musée des confluences) et Wendy Atkinson (Chargée de communication).

Les objectifs :

– Réunir en un lieu unique tout ou partie des collections et musées médicaux actuellement dispersés sur plusieurs sites.
– Assurer la sauvegarde du patrimoine lyonnais lié aux sciences médicales et à la santé afin qu’il continue d’assurer avec efficacité ses fonctions pédagogiques auprès des étudiants, des chercheurs et du grand public.
– Accroître la fréquentation des collections et leur rayonnement international. Faire du musée une vitrine de la médecine Lyonnaise.
– Présenter des expositions permanentes et temporaires.
– Développer une politique événementielle dynamique notamment en ce qui concerne l’actualité médicale et les innovations technologiques.
– Organiser, en collaboration avec les unités de recherches associées au musée, des sessions de formation, conférences, ateliers pédagogiques et animations destinées à tous les publics.
– Constituer une interface performante entre le monde scientifique et le grand public, en particulier les scolaires.
– Créer une plateforme de référence dans le domaine des programmes d’éducation à la santé.
– Collaborer avec les organismes nationaux et internationaux intéressés par nos activités, ainsi qu’avec les acteurs institutionnels ou privés de la recherche médicale et de l’innovation dans le domaine de la santé.

Le projet de création du Musée des Sciences Médicales de Lyon est soutenu par :

– l’équipe  projet qui rassemble les personnes physiques responsables des collections et musées concernés.
– la Société Nationale de Médecine et des Sciences médicales de Lyon, l’Association de Sauvegarde du Patrimoine de l’Art Dentaire  (A.S.P.A.D).

La liste des acteurs du projet reste ouverte à toute les institutions publiques ou privées souhaitant rejoindre le groupement notamment aux institution majeures de notre région comme le musée des Hospices Civils de Lyon, le musée de l’Ecole Nationale Vétérinaire, l’Hôtel-Dieu de Belleville,  le Musée Claude Bernard ou encore le musée de l’Ecole Nationale Supérieure de Police.

Un site spécialement dédié au projet sera prochainement accessible en ligne. Des conférences animées par les conservateurs responsables des musées et collections seront aussi programmées.

 

ÉQUIPE PROJET

(Composition arrêtée lors de  la réunion des responsables des collections et musées du 22 juillet 2015)

 

Élaboration du projet : 

Dr. Marc Adenot (porteur du projet – pharmacie)
Dr. Claire Desbois (Odontologie, anthropologie anatomique, judiciaire et paléopathologie)
Pr. Marie Geneviève Dijoux–Franca (Pharmacie)
Dr. Isabelle Kerzaon (Pharmacie)
M. Jean-Christophe Neidhardt (Médecine, anatomie et histoire naturelle médicale)
M. Camille Renversade (Conseiller scénographique)

Relations publiques – communication – évènementiel :

Irène Chatelus
Jean-Christophe Neidhardt

Secrétariat – comptabilité :

Yvonne Desbois

Comité Scientifique :

Docteur Yves Boucaud-Maitre
Docteur Bruno Chavagnac
Docteur Jacques Chevallier
Professeur Pierre Crepel
Professeur Claude Gharib
Docteur René Grangier
Docteur Denis Graveriau
Docteur André Lespine
Professeur Jean-Pierre Neidhardt

 

LES MUSÉES ET COLLECTIONS ASSOCIES

 

Le Musée Testut Latarjet d’Anatomie et d’Histoire Naturelle Médicale de Lyon

Les collections proviennent de la Société Nationale de Médecine de Lyon, crée en 1789, et du cabinet anatomique de Marc-Antoine Petit, légué en 1811. En 1930, les collections déménagent avec la Faculté de Médecine et Pharmacie sur le site Rockefeller. En 1992, le musée est totalement réinstallé et réaménagé. Cet exceptionnel cabinet de curiosités médicales, présenté dans une ambiance XIXe siècle, avec des vitrines d’époque, a disparu fin 2015. Le musée, déménagé à Rillieux-la-Pape devra être réinstallé en l’état afin de conserver cette atmosphère unique qui a fait son succès auprès des visiteurs. notamment lors des manifestations régulièrement organisées dans le cadre de la nuits des musées, des journées du patrimoine, du quai du polar, de la biennale d’art contemporain ou de soirées thématiques.

Le musée comporte un ensemble de 1 500 ouvrages anciens et près de 3 000 objets exposés se répartissant de la façon suivante :
. Collection d’anatomie humaine et comparée normale et pathologique : préparations et présentations anatomiques, pièces conservées en bocaux, injections corrosions, inclusions, anatomies naturalisées selon la technique d’Honoré Fragonard, moulages en plâtre ou en carton démontables et cires anatomiques.
. Collection d’embryologie et tératologie.
. Collection d’anthropologie criminelle (spécimens de peau humaine ou de crânes présentant des blessures par objets piquants, contondants, tranchants ou par armes à feu, instruments tranchants utilisés à l’occasion de suicides ou de crimes et collection de balistique .
. Collection d’égyptologie (momies du Nouvel Empire, momies coptes et momies d’animaux) et d’ethnologie (têtes réduites péruviennes).
. Collections d’histoire naturelle médicale, parasitologie et mycologie.
. Droguier: spécimens botaniques (conservés en bocaux et herbiers) sous-produits animaux utilisés dans les pharmacopées anciennes, minéralogie. (voir les détails ci-dessous dans le chapitre dédié au droguier).
. Plaques photographiques (obstétrique, chirurgie, archives d’hydrologie et de climatologie, radiographies, dermatologie)
. Bustes, statues, tableaux et portraits.
. Médailler.
. Histoire générale de la médecine, archives et documents complètent cet ensemble.

Le musée conserve un ensemble de collections qui présentent un intérêt majeur pour l’histoire de la médecine:

. Collection Ollier: plusieurs milliers de pièces anatomopathologiques, dossiers de malades,
manuscrits, diplômes, instruments chirurgicaux … provenant du père de la chirurgie expérimentale et de la chirurgie ostéo-articulaire moderne (orthopédie).

. Collection Destot: plus de 500 clichés réalisés entre 1896 et 1900 dans le premier laboratoire de radiologie hospitalière français installé à l’Hôtel-Dieu de Lyon.

. Collection Lacassagne: constituée de centaines de pièces et documents collectés par le
créateur de la médecine légale moderne et précurseur mondial dans le domaine de la police scientifique. Ces documents et les reliques nécrologiques qui les accompagnent traitent de nombreuses affaires judiciaires locales qui ont fait, en leur temps, la joie de la presse populaire et qui on eu, pour certaines d’entre elles, un retentissement international : Richetto et « le mystère des femmes coupées en morceaux », Vacher l’éventreur, l’affaire de la malle sanglante de Millery, Vidal « le tueur de femmes », l »assassinat du président Carnot… Philosophe et humaniste Lacassagne s’est opposé à la théorie du criminel né défendue par son alter ego italien, Lombroso. Il fut aussi le maître d’Edmond Locard, créateur à Lyon du premier laboratoire mondial de police scientifique que l’on cite régulièrement dans la série « les experts ».

. Collection Gall: cette collection rassemble les pièces léguées par Fleury Imbert et son épouse, veuve de Gall, à la société de médecine de Lyon. Ces pièces témoignent avant Broca de la première ébauche théorique sur les localisations fonctionnelles et de l’erreur d’interprétation qui en a découlé: la phrénologie ou étude des bosses du crâne (bosse des maths !).

. Collection Testut: Des centaines de dessins à la plume et d’aquarelles réalisés par le plus emblématique des anatomistes de la fin du XIXème siècle et du début du XXème dont l’œuvre continue a être diffusée en Amérique du nord et du sud. Testut fut le maître d’André Latarjet, très présent au musée d’anatomie. Latarjet créa la médecine du sport et fut aussi à l’origine de la séparation entre l’éducation physique et la formation militaire.

. Documents relatifs au magnétisme animal: ensemble de pièces, d’ouvrages et de documents sur Franz-Anton Mesmer, inventeur du magnétisme animal. La collection comporte notamment la reconstitution d’un « baquet de Mesmer » réalisé en s’inspirant des écrits de Mesmer.

. Quelques pièces rares et remarquables: Quelques pièces curieuses du Musée, parfois en lien direct avec l’histoire locale, méritent d‘être particulièrement mises en valeur :

. Le crâne de Lambert Grégoire Ladré dit le père Thomas, mime et conteur populaire popularisé par le marionnettiste lyonnais Laurent Mourguet sous le nom de « Gnafron ».

. Les masques mortuaires originaux de Joseph-Marie Jacquard, inventeur du métier à tisser qui porte son nom.
. Le squelette ostéomalacique d’Eugène Dullin, chanteur de rues lyonnais au XIXème siècle.
. La peau naturalisée de la tête de Martin Dumollard, criminel guillotiné au siècle dernier, utilisé par une équipe lyonnaise pour mettre au point une technique de reconstitution faciale, utilisée par la police scientifique dans le cadre des identifications médico-légales.

. L’humérus, un fragment de cuir chevelu et la chemise de Mathieu Jaboulay, chirurgien à l’Hôtel-Dieu de Lyon, Pionnier des greffes d’organes, mort en 1913 dans la catastrophe ferroviaire de Melun et dont une rue de Lyon porte le nom.
. Série de grandes cires anatomiques de Jules Talrich (1826 – 1904).

 

Le Musée Dentaire de Lyon

Collection crée par les membres de l’Association de sauvegarde du patrimoine de l’art dentaire (ASPAD), propriétaire du fonds.
Le Musée dentaire de Lyon présente l’évolution des techniques de chirurgie dentaires à travers une collection d’instruments et équipements du praticien et du prothésiste, reflétant l’évolution d’un siècle de dentisterie(1860 à 1960). Il comporte près de 3 000 objets exposés et l’équivalent en fonds de réserve.
La collection, qui constitue l’une des plus riches de la spécialité au niveau international, comprend entre autres : fauteuils, équipements, instruments d’extraction, appareil de fraisage, crachoirs, maquettes, tableaux, photographies, prothèses, appareils de radiologie dentaire, atelier de fabrication de prothèse, livres anciens, posters, affiches, cartes postales.
La scénographie du Musée reconstitue l’atmosphère des cabinets de dentistes d’autrefois et des premiers ateliers de prothèses.
Pièces rares et remarquables  :
Dentier complet en ivoire
Sécateur de Paul Gresset
Fauteuil en fonte d’Adam Schneider, 1870
Fauteuil en bois, 1876
Dentier réalisé avec des dents humaines
Souvenirs d’Albéric Pont, créateur de l’école dentaire de Lyon et pionnier de la prothétique qui consacra une part importante de son activité aux reconstructions faciales pratiquées sur les « gueules cassées » de la Première Guerre mondiale.

 

Le Droguier Gilibert de Pharmacie

Collection autonome au sein du musée Testut Latarjet. Patrimoine de la Société de Médecine de Lyon

L’histoire de la collection d’échantillons du Droguier de la Société de Médecine de Lyon remonte à la fin du XVIIIème siècle lorsque Jean Emmanuel Gilibert accéda à la fonction de secrétaire perpétuel de cette savante compagnie. Peu de pièces datant de cette époque subsistent mais le nom du créateur du jardin botanique de Lyon a été conservé. Le droguier rassemble aujourd’hui plusieurs centaines de spécimens : plantes médicinales conservées en bocaux ou dans des herbiers, extraits animaux et humains , échantillons minéralogiques provenant du monde entier et entrant dans la composition des pharmacopées du passé. De nombreux ouvrages et codex complètent cette collection (feuillets et cahiers de l’Hortus Sanitatis de Johannes Kaub (Strasbourg 1497), de historia stirpium de Leonhart fuchs (Bâle 1543), les œuvres en éditions originales de Dodoens, Matthiole, Gilibert etc .). Une collection d’instruments s’ajoutent à cet ensemble ainsi qu’une collection de graines. La collection continue à s’enrichir en raison du regain d’intérêt pour la phytothérapie et l’ethnobotanique.

Pièces rares et remarquables :

Cônes géants de pins (pinus Coulteri et Lambertiana)
Cocofesse de l’île Praslin, Gousses de haricots géants (entada gigas / phaseoloïdes)
Collection de cocons sauvages d’Inde et de Chine
Balances de précision, trébuchets, matériel de laboratoire
Glandes à musc de Castor (castoreum)
Momie d’Égypte (mummia)
Os de cœur de cerf, stercus canis officinale, … etc.

 

L’institut des Sciences Morphologique

Rattaché à la Société Nationale de Médecine et des Sciences Médicales de Lyon, l’Institut conserve des pièces osseuses provenant de fouilles archéologiques, des spécimens antiques et médiévaux présentant des atteintes osseuses témoignant des maladies du passé et une collection de pièces anatomiques sèches ou conservées en fluides de classe internationale. L’Institut est avant tout une unité de recherche et de formation pour les étudiants,  les scientifiques spécialisés en anatomie, les archéologues et les légistes.

A l’occasion de la création du Musée des Sciences Médicales et de la Santé des liens pourraient aussi être noués avec la Société Linnéenne de Lyon, les collections de botanique du Parc de la Tête d’or et des collections de Pharmacognosie de l’ISPB de Lyon.